La croix de l'Ordre du Temple
Un Ordre en pleine lumière
La croix de l'Ordre du Temple

" Non Nobis Domine Non Nobis Sed Nomini Tuo Da Gloriam ”

Si d'aventure, quelques décennies après l'An Mil, vous traversiez l'Europe et la France, vous auriez certainement ressenti quelque surprise devant le chaos où s'était peu à peu enlisé l'Occident.

La première croisade, «la Croisade Populaire» prêchée par Pierre l'Ermite avait entraîné sur les routes une foule immense de malheureux qui périrent en masse bien avant d'apercevoir les rives de la Terre Sainte.

Disloquée et vidée, l'Europe centrale se défend tant bien que mal contre les invasions des Sarrasins et des Normands.

Dans la France divisée, des luttes d'influence entre seigneurs féodaux empêchent la réalisation de l'unité, souhaitée par le Roi. Seuls, les monastères restent des havres de paix et de culture.

Au-delà des mers, les progrès de l'Islam, la nouvelle religion révélée par Mahomet, représentent une terrible menace pour la chrétienté d'Occident.

Dans le temps même où la croisade de Pierre l'Ermite se dispersait aux quatre vents, des armées féodales commandées par Godefroy de Bouillon atteignaient la ville de Jérusalem en juillet 1099. En tant qu'Avoué du Saint Sépulcre, Godefroy de Bouillon y crée un royaume latin et d'autres États, comme ceux d'Antioche et de Tripoli.

Bien que divisés eux aussi, les nouveaux croyant, qualifiés "d'infidèles" étaient loin d'être vaincus. Ils harcelaient, pillaient, massacraient les pèlerins qui se lançaient sur des pistes aventureuses en direction des Lieux Saints, tels que l'avaient fait les croisés notamment au sac de Constantinople comme le relate Chrétien de Troyes.

En 1118, groupés autour d'Hugues de PAYENS, huit autres chevaliers, décidèrent de se dévouer à la cause des pèlerins perdus en Palestine (officiellement du moins), sous l'appellation de «Pauvres Chevaliers du Christ» Après quelque temps, le roi de Jérusalem Baudouin II leur donna comme résidence une partie des écuries de l'ancien Temple du roi Salomon, d'où leur nom : les Chevaliers de la Milice du Temple, ou Templiers.

Le trône de Baudouin était fragile, aussi le roi de Jérusalem chargea Hugues de PAYENS d'aller plaider auprès du Pape Honorius l'organisation d'une nouvelle croisade.

En 1128, eut lieu à Troyes un important Concile, auquel assista Bernard de Fontaine, fondateur de l'abbaye de Clairvaux, dont il portera le nom, et dont le rayonnement spirituel s'étendra sur toute l'Europe.

C'est au cours de ce Concile que l'Ordre du Temple fut officialisé et reçut sa première Règle. En 1148, le Pape Eugène III autorise les Templiers à porter une croix de gueule (couleur rouge), sur le côté gauche de leur manteau blanc, qu'ils choisirent «pattée à pointes rentrées».

Quant à l'étendard de l'Ordre il sera baussant (baucéant ou bausséant), de deux couleurs: de sable et d'argent, sur lesquelles brochait, depuis le concile de 1145, une croix de gueules. Rapidement, après plusieurs voyages, grâce à son intelligence et à son habileté, Hugues de PAYENS développe son Ordre et redonne un idéal à la Chevalerie.

Le Temple correspond par ses structures et ses buts, aux aspirations du moment: pauvreté, charité, lutte contre les infidèles, puissance et unité face au chaos.

A cela s'ajoute un étonnant réseau d'amitiés de fidélité qui fait de ce moine-soldat un citoyen du monde, avant la lettre. Bénéficiant de franchises administratives, juridiques, religieuses, par la bienveillance de Rome, l'Ordre du Temple essaime, en Orient et en Occident.

Les Maîtres qui se succèdent vont alors, bâtir Châteaux et Commanderies.

Admirablement protégées, les Commanderies templières deviennent les gardiennes des trésors royaux, seigneuriaux, et monastiques.

Les Templiers font creuser des mines, construisent des forges, des fermes et des manufactures, ouvrent des "banques" ; ils lancent sur les mers une flotte qui commerce bien loin de ses ports d'attache.

A côté d'une vie temporelle intense et fructueuse, se développe une vie spirituelle, nourrie de prières, de symbole et de recherche. Par exemple, le nombre «trois» conduit la vie journalière et annuelle de ces moines-soldats: ils communient trois fois par an, font l'aumône trois fois par semaine. Ils célèbrent trois grandes fêtes : La Trinité, la Pentecôte et les deux Saint Jean. Noël et Pâques sont considérés comme fêtes secondaires. Fiers de leur force morale et économique, les Templiers ne seront jamais réellement au service des Rois et des Papes.

En Orient, ils ne travaillaient pas tant à faire triompher la politique royale ou romaine qu'à servir avant tout la grandeur de l'Ordre. En Occident, ni les Seigneurs, ni les Rois, ni la Papauté ne purent supporter cette attitude pendant longtemps, et elle sera l'une des causes de leur perte.

Enfin, les Templiers tentèrent, semble-t-il, de mettre fin à la rivalité entre chrétiens et musulmans en préparant le syncrétisme, en cherchant à unir au moins les religions du Livre. Ils ont essayé, et nous touchons là un des mystères de l'Ordre, de réaliser une forme de foi œcuménique très large, acceptable pour les uns et les autres, et englobant dans un tout cohérent, les tendances les plus diverses de la pensée occidentale et des pensées orientales, en particulier islamique.

Cette recherche d'unité allait, par conséquent, les conduire à imaginer un nouveau type de société, qui allait bouleverser la vie du Moyen-âge.

Estimant que le Christ était venu pour réunir tous les hommes, les Templiers avaient fait serment de ne pas combattre d'autres chrétiens et ne traitaient pas les croyants d'une autre foi, ni même les païens, comme des ennemis.

Certes, ils avaient dû lutter contre eux, mais ils avaient aussi dialogué, essayé de les comprendre, sans pour autant remettre en cause leur propre foi.

Gardiens de la Terre Sainte, ils la voulaient une terre d'unité, pour les vivants de toutes religions.

Allier la puissance, la richesse, la force politique aux plus hautes réflexions philosophiques, tel fut, peut-être leur projet et leur but.

Cette ambition stimulée par une réussite totale dans tous les domaines, portait en elle, les germes mêmes de sa destruction.

S'ils ont fasciné "les gens du siècle", les Seigneurs, les autres Ordres de Chevalerie, ils en ont également provoqué l'hostilité.

En 1244, Jérusalem tombe aux mains des musulmans et l'armée franque est défaite.

En 1291, la prise de Saint Jean d'Acre marque la fin des États Latins d'Outre-mer.

Les Templiers se retirent alors vers Chypre, la Sicile et la France.

Cette France qu'ils n'ont jamais véritablement quittée, ils la retrouvent au bord d'un gouffre financier. En l'an 1306, l'émeute secoue les rues de Paris et le roi Philippe le Bel est contraint de se placer pendant quelques temps sous la protection du Grand Maître, Jacques de MOLAY, dans l'enceinte du Temple.

Ambitieux, jaloux, soucieux de préserver la royauté, Philippe le BEL ne pouvant y être accepté et encore moins en être le Grand Maître, rêve d'abattre l'Ordre et de s'emparer de ses richesses, encouragé par son principal conseiller NOGARET,

Le Roi tient à sa merci le Pape Clément V (Bertrand de Got).

Élu grâce à son appui, au Conclave de Pérouse en 1305 et qui, craignant pour sa sécurité dans Rome, est venu s'installer en Avignon, au milieu d'une cour presque exclusivement française. Clément V, faible et hésitant, laissera Philippe le BEL et ses ministres préparer la machine qui broiera l'Ordre du Temple.

Le 13 Octobre 1307, selon les directives de NOGARET expédiées secrètement aux officiers royaux, les Templiers de France se laissent arrêter sans résistance et jeter en prison, ne pouvant croire à une telle forfaiture.

Commencèrent alors les procès que nous connaissons, les aveux, les rétractations, les tortures, les accusations les plus monstrueuses.

Le sang et les crachats souillent la blancheur du manteau de ces moines-soldats qui traversaient naguère, au grand galop de leurs chevaux, les provinces du royaume de France où, de Commanderie en Commanderie, de Château en Château, ils jetaient les fondements d'une vie et d'une société nouvelle, imaginée à l'ombre des collines de Jérusalem.

Certes, la conduite de quelques-uns permit de fonder bien des accusations, car avec le temps et l'élargissement du recrutement, certains membres de l'Ordre s'étaient écartés de la Règle primitive et sévère instaurée à la fondation.

Et si ce relâchement de la doctrine et de la morale avait affaibli les structures templières, l'Ordre restait malgré tout la source authentique d'un renouveau que cette époque ne pouvait supporter.

Le 3 avril 1312, par la bulle ''Vox in Excelsis" Clément V, sans toutefois le condamner, prononce la suspension modo provisionis de l'Ordre du Temple, en attendant la convocation d'un concile qui n'aura jamais lieu.

Deux ans plus tard, le 18 mars 1314, sur ordre de la justice du roi Philippe le BEL, Jacques de MOLAY, dernier Grand Maître de l'Ordre, meurt comme relaps sur un bûcher dans l'île aux juifs (île Saint Louis) à Paris.

Mais en ce soir tragique de mars 1314 seule l'enveloppe chamelle du Temple est réduite en cendres. Seuls des hommes ont brûlé et les flammes qui les consumèrent n'ont pas détruit ce qu'ils portaient en eux, l'Esprit de l'Ordre, son message d'harmonie et d'équilibre qui flotte à jamais sur le temps.

Texte de ROBERT G.

SUCCESSION

L'un des points les plus controversés par les historiens a été la succession, véritable ou hypothétique de l'Ordre du Temple. Plusieurs obédiences templières se réclament, il est vrai, de cette succession.

Le Grand Prieuré de France est rattaché historiquement à l'O.S.M.T.H. (Ordo Supremus Militaris Templi Hierosolymitani).Tout porte à croire que cet Ordre serait parmi les plus crédibles des Obédiences templières.

Le plus important, pour ceux qui désirent faire partie de la Chevalerie Templière, est de pratiquer l'Idéal de l'Ordre du Temple. Depuis 1374, la succession de l'Ordre a survécu dans plusieurs pays, notamment en Espagne et au Portugal. Également dans d'autres pays, mais de manière clandestine. Une des filiations probables serait celle de Jean Marc LARMENIUS. C'est à ce dernier que Jacques de MOLAY aurait confié ses pouvoirs à travers la Charte dite de "Larmenius".

Le 13 février 1324, le décret de transmission perpétua l'Ordre à travers les siècles. Cette charte a été signée par tous les Grands Maîtres qui se sont succédé jusqu'à nos jours. De grands noms de l'aristocratie, tels Bertrand du Guesclin, se sont retrouvés à la tête de l'Ordre.

En Espagne, l'Ordre de Montesa devint le successeur légitime du Temple. En 1319, le Maître de l'Ordre de Calatrava envoya dix chevaliers pour former une nouvelle Milice, à la suite d'un accord signé avec le Pape Jean XXII.

Au Portugal l'Ordre prit le nom de l'Ordre Militaire du Christ. Il fut fondé le 15 mars 1319, par l'ancien Maître de l'Ordre d'Avis, Frei Gil Mortins, et comme en Espagne, avec l'accord du Pape Jean XXII.

En France, l'Ordre vécut dans la clandestinité. En 1705, le Régent Philippe, duc d'Orléans en devint le Grand Maître et modifia les Statuts. Les Templiers de Larmenius, furent considérés à Paris comme les dignes successeurs du Temple.

Au début du XIXème siècle, Bernard Raymond Fabre-Palaprat devint Grand Maître.

A partir de 1827, il n'y eut plus de Grands Maîtres, mais des Régences. La guerre de 1940 et l'occupation de la Belgique par les Allemands menacent l'existence de l'Ordre.

Le Frère Émile Clément Joseph Vandenberg, Régent depuis 1935, fit remettre les Archives de l'Ordre au Frère Antonio CampelloPinto de Sousa Fontes, Grand Prieur du Portugal.

Par Décret Magistral du 23 décembre 1942, il lui fit transmettre la Régence et la garde de l'Ordre avec tous les pouvoirs, droits et prérogatives de la Grande Maîtrise.

En date du procès-verbal du 20 août 1948, le Prince Régent, Don Antonio Campella Pinto de Sousa Fontes, désigne comme successeur à la régence, son unique fils, Don Fernando Campella Pinto Pereira de Sousa Fontes, actuellement Prince Régent de O.S.M.T.H.

TEMPLIER D'AUJOURD'HUI

De nos jours encore, le nom de «Templier» évoque un aspect magique et mystérieux. Depuis l'extinction officielle de l'Ordre du Temple en 1314, les Templiers ont attiré l'attention des foules, et déchaîné les passions, bonnes et mauvaises.

La succession officieuse de l'Ordre a aussi fait l'objet de multiples recherches par d'éminents historiens. Ici encore, les passions se sont données libre cours. Vraie ou fausse cette succession a permis à nombreuses Obédiences Templières de se réclamer de cet héritage spirituel.

Quoi qu'il en soit, tous ces différents groupes recherchent à travers cet héritage, le même idéal : Amour, Sagesse, Élévation Spirituelle de l'homme, Épanouissement personnel.

Être Templier aujourd'hui, c'est essayer de sauvegarder toutes ces valeurs, qui ont fait la richesse de notre civilisation et de les transmettre à notre tour.

Être Templier aujourd'hui, c'est essayer, à travers la vision futuriste de la Chevalerie du Temple, de continuer en l'adaptant à notre temps, l'œuvre entreprise par nos Aînés.

Ceux-ci avaient pour règle, le courage, la bravoure, la loyauté. Ils avaient pour but, la sauvegarde de ces mêmes valeurs, et la défense de la FOI. Aujourd'hui, la Chevalerie n'a d'autre armure que l'Amour, la Tolérance, l'abnégation et le Dévouement. Elle n'est plus une noblesse de nom mais de cœur.

La Chevalerie, longtemps délaissée, revient en force. Sans doute parce que l'Homme, à notre époque actuelle, manque d'un idéal et de buts dans sa Vie.

L'affairisme, la convoitise, le matérialisme à outrance sont les ennemis du Chevalier.

Être Templier aujourd'hui, c'est essayer de retrouver le juste équilibre.

PRINCIPE FONDAMENTAL

Obligation est faite à tous les Templiers du Grand Prieuré de France de n'appartenir, sous peine d'exclusion immédiate, directement ou indirectement à aucune organisation tendant à provoquer la discrimination, la haine et la violence à l'égard d'une personne ou d'un groupe de personnes en raison de leur origine ou de leur appartenance vraie ou supposée à une ethnie, une nation, une race ou une religion déterminée.

PHILOSOPHIE

Le Grand Prieuré de France, s'engage à Offrir la garantie à chaque Templier, Commanderie, Bailliage, d'un fonctionnement porteur des hautes valeurs héritées des 9 pauvres Chevaliers du Christ dans la fraternité du cœur.

Il propose également à chacun les éléments de règle de vie qui suivent :

- Marche tranquillement au milieu de la hâte et du bruit et rappelle-toi quelle paix il peut y avoir dans le silence.

- Autant que possible et sans te soumettre, soit en bons termes avec tous.

- Dis la vérité tranquillement et clairement et écoute les autres, même les sots et les ignorants, eux aussi ont leur histoire.

- Évite les gens bruyants ; ils sont une offense à l'esprit.

- Si tu te compares aux autres, tu risques de devenir vaniteux ou amer ; car il y a toujours des gens plus grands ou plus petits que toi.

- Réjouis-toi de tes réalisations autant que de tes projets.

- Intéresse-toi à ta carrière, mais reste humble ; ce sera ta richesse dans les fortunes changeantes de la vie. Sois prudent dans tes affaires car le monde est plein de pièges.

- Mais que cela ne te fasse pas oublier que la vertu existe, que beaucoup combattent pour un idéal et que partout la vie est pleine d'héroïsme.

- Sois-toi même. En particulier ne feins pas l'affection. Ne sois jamais cynique à propos de l'amour car en face toute aridité et désenchantement, il se renouvelle comme l'herbe.

- Prends avec plaisir le conseil des années en abandonnant gentiment les pensées de la jeunesse.

- Nourris la force de l'esprit pour te renforcer contre les ennuis imprévus. Mais ne te laisse pas décourager par des idées imaginaires et de la solitude.

- Dans une stricte discipline, soit aimable avec toi-même.

- Tu es un enfant de l'univers autant que les arbres et les étoiles et comme eux tu as le droit d'exister. Et que cela soit clair ou non pour toi, tu ne peux douter que le monde soit bâti comme il doit l'être.

- Sois donc en paix avec Dieu, quelle que soit la conception que tu en aies et, quelles que soient tes peines et tes aspirations, dans la bruyante confusion de la vie, soit en paix avec ton âme, malgré la honte, la tromperie et les rêves brisés, le monde est encore beau. Enfin sois prudent, et bats-toi pour être heureux.

Fort de ces dimensions, le Templier pourra au titre de Membre d'un ordre héritier spirituel et traditionnel de l'Ordre du Temple, travailler aujourd'hui à la réalisation des mêmes buts qui ont animé les anciens Frères Templiers, soit :

. Participer activement à la création d'un monde dans lequel tout être humain puisse se réaliser pleinement dans l'épanouissement harmonieux et équilibré de toutes ses possibilités,

. Perpétuer les nobles traditions de notre ancienne chevalerie,

. Défendre les libertés acquises, la promotion des réformes nécessaires, la pratique des œuvres de miséricordes, de bienfaisance et de charité.

La spiritualité templière, est porteuse d'un christianisme œcuménique très large, l'Ordre restant comme à son origine aux côtés de l'Eglise catholique romaine ; Elle se différencie des divers et nombreux mouvements, comme la Franc-Maçonnerie, qui s'en sont parfois inspirés, même s'ils ont souvent suivis des chemins parallèles, suivant les époques de l'Histoire.

Sans réfuter systématiquement ni repousser les uns et les autres, on peut considérer que son approche tout en étant médiane, se situe plus, dans la dimension ésotérique qu'exotérique, le tout, au service et avec un profond respect de l'homme.

 

 
La Commanderie Jean de Gisors est affiliée à l'O.S.M.T.H. Ordo Suprémus Militaris Templi Hierosolymitani
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